Les pollinisateurs jouent un rôle crucial dans les agroécosystèmes. Apprendre à les préserver et à mieux les connaître sont des éléments clés pour faire évoluer ses pratiques et ainsi relever le défi de leur sauvegarde. La cartographie nationale des initiatives en faveur des pollinisateurs réunit un panel de 133 démarches diversifiées à découvrir et redécouvrir. Zoom sur la Ferme de Germigney, dans le Jura, qui, grâce à une combinaison de leviers agroécologiques, a réussi sa transition vers le biologique et limite grandement ses intrants (Fiche 112).
Aujourd’hui, partons à la rencontre de la Ferme de Germigney, une exploitation en polyculture élevage du Jura qui a su adapter ses pratiques pour continuer à produire en préservant et utilisant la biodiversité.
En pleine démarche d’arrêt des insecticides, l’exploitation a subi une importante attaque d’altise sur colza en 2020 qui leur a fait perdre quasiment toute leur récolte. Dans une volonté de ne pas réutiliser d’intrants chimiques, la ferme s’est lancée dans un ambitieux programme d’aménagement des parcelles, accompagnée par de nombreux experts. Leur but ? Favoriser la biodiversité, et surtout les prédateurs des altises : des guêpes parasitoïdes appelées Thersilocus, qui pondent leurs œufs dans l’altise.
Halte aux altises : les guêpes veillent aux grains
Ces guêpes parasitoïdes se nourrissent de pollen et leurs larves vivent au sol, elles ont donc besoin de ces sites de nidifications et d’une ressource alimentaire suffisante pour établir une population capable d’impacter l’altise. Ainsi, de 2021 à 2027, la Ferme de Germigney va implanter :
• 8km de haies en bord de parcelles
• Des bandes fleuries pluriannuelles et intraparcellaires tous les 50m dans les parcelles afin de faire tache d’huile et de permettre aux Thersilocus d’agir sur l’ensemble de la culture. En effet, en moyenne les auxiliaires agissent efficacement sur une zone de 25 mètres autour de leur espace de vie. Au-delà, le contrôle des populations de ravageurs sera limité.
Les espèces végétales choisies prennent en compte les besoins des guêpes parasitoïdes. Un suivi des insectes dans les parcelles est en cours afin d’estimer l’efficacité de ces aménagements.
Combinons les solutions pour réduire les phytos
En parallèle, l’exploitation met en place d’autres leviers agroécologiques pour pérenniser son indépendance vis-à-vis des intrants :
• Allongement des rotations pour diminuer la pression des ravageurs
• Réintroduction des luzernes pour gagner en fertilité azotée
• Implantation de couverts végétaux pour améliorer la qualité des sols
• Pâturage et valorisation des effluents d’élevage et des productions fourragères.
La combinaison de ces solutions permet aujourd’hui à l’exploitation d’être indépendante vis-à-vis des produits phytopharmaceutiques tout en maintenant des rendements satisfaisants.
Pour en savoir plus sur cette initiative, découvrez la version complète de la Fiche 112 : https://www.contratsolutions-agriculture-pollinisateurs.fr/initiative/favoriser-le-service-de-regulation-des-ravageurs et découvrez l’épisode 5 de notre websérie Cultivons la Pollinisation : « Auxiliaires et Production, le pari gagnant de deux agriculteurs » : https://www.youtube.com/watch?v=TE5eiEjVJH4
Pour découvrir d’autres outils et pratiques agricoles à mettre en œuvre afin de favoriser les pollinisateurs en milieu agricole, rendez-vous sur notre site : https://www.contratsolutions-agriculture-pollinisateurs.fr/
Pour tout savoir sur les pratiques agroécologiques complémentaires en protection des cultures mises en place sur l’exploitation, visitez le site du Contrat de solutions (https://contratsolutions.fr/) et plus particulièrement, consultez les fiches 37 ; 77 et 106.