La solution
La technique consiste à semer en mélange, des graines de colza associées à une ou plusieurs légumineuses spécifiques gélives en mélange, vendues par des semenciers, ou produites par l’exploitant quand il s’agit de féverole, espèce bien adaptée au mélange (Figure 1).
Fonctionnement :
Ces légumineuses seront détruites au cours de l’hiver par le gel. Pour obtenir un rang de colza alterné avec un rang de légumineuses, le semis est réalisé soit :
- En un seul passage avec un semoir multi-trémie : une trémie pour le colza, l’autre pour la plante compagne ou avec un semoir simple trémie (semoir monograine) avec un mélange colza-plante compagne bien dosé
- En deux passages, avec un semoir simple trémie ou, dans certains cas, avec un premier passage avec un semoir à céréales, puis un semis du colza environ cinq jours plus tard au semoir à précision.
Couplé ou non à d’autres mesures agronomiques comme le semis direct ou le travail simplifié, associer au semis le colza avec une légumineuse qui a la capacité à fixer l’azote atmosphérique et un effet structurant sur le sol, est un levier intéressant. Il permet d'assurer une meilleure alimentation azotée de la culture limitant ainsi la rupture azotée en début d'hiver et au moment de la reprise de végétation. Un meilleur enracinement de la culture associée peut la rendre plus résiliente face aux excès d'eau (le colza est très sensible à l'hydromorphie).
Figure n°1 : Photos de racines de colza associées à des légumineuses.
Avantages de la solution sur les cibles :
De par la meilleure dynamique de croissance du colza avant l’hiver et par l’effet couvrant du peuplement de légumineuses, il est observé des effets indirects : la capacité à mieux étouffer les levées tardives d’adventices, mais surtout un moindre impact des insectes d’automne (larves d’altise d’hiver et de charançons du bourgeon terminal) sur les plantes de colza.
Certificats d’Economie de Produits Phytosanitaires (CEPP) :
Cette solution est éligible aux CEPP (Fiche action n°2019-050 « Réduire l'utilisation des produits phytopharmaceutiques en associant un couvert de légumineuses gélives et non gélives entre rangs de colza » 1).
Le CEPP est un facteur favorable à la mobilisation de la solution, notamment par la promotion qu’en font les distributeurs. Reste que pour l’instant, la féverole produite à la ferme associée au colza (pour réduire le coût), qui représente le mélange dominant actuellement car bien adapté à nombre de situations, ne permet pas d’apporter un élément direct de preuve de déploiement de la technique et cette adaptation de la pratique avec un auto-approvisionnement, n’est donc pas éligible au CEPP. Faute d‘une facture d’achat d’une légumineuse inscrite sur une liste officielle, il serait toutefois envisageable que cela fasse l’objet d’une action d’un cahier des charges reconnu.

