Installée sur la commune de Manosque, la Pépinière de Sainte-Tulle produit des plants de fleurs sous serre et en plein champ sur 4 ha. Sa démarche de réduction de l’utilisation de produits phytopharmaceutiques a commencé en 2022, avec la suppression du glyphosate pour gérer les adventices. Le début d’une aventure où le vivant a été remis sur le devant de la scène.
Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?
Que ce soit sous serre ou en plein champ, la technique est de « ne RIEN faire ». Psychologiquement il peut être difficile de ne pas agir dès l’apparition du puceron et il faut tolérer la présence d’un peu de fumagine sur les cerisiers, mais après 2 ans, le constat est positif pour la pépinière. C’est un changement de paradigme, on ne compte plus sur le chimique mais sur la biodiversité qui a fait son grand retour sur l’exploitation !
Pour assurer la résilience des écosystèmes, il est nécessaire de s’appuyer sur les régulations naturelles en mettant en place un ensemble de pratiques favorables à une faune variée :
- Gestion des adventices: à retirer que si elles sont réellement envahissantes. Elles apportent gîte et couvert aux insectes dont les pollinisateurs, et une gestion minimale réduit le travail des salariés !
- Lutte biologique contre les ravageurs: aménager des zones refuges pour attirer les auxiliaires, comme les prédateurs des pucerons. La présence de suffisamment de prédateurs, comme la coccinelle pour le puceron, permet de remplacer les traitements chimiques !
- Certains facteurs abiotiques, comme le froid ou le stress hydrique, remplacent les traitements chimiques. Ils peuvent, par exemple, limiter les poussées de croissance des plants et permettre de ne plus utiliser de nanifiants (ou régulateurs de croissance). Autre exemple avec les rosiers, une simple sortie à l’extérieur suffit à résoudre les problèmes d’oïdium. Less is more!
L’aventure continue pour la pépinière, entre expérimentation et maîtrise du laisser-faire. Une chose est sûre, ces pratiques apportent une diversité de ressources et de sites de nidification pour les pollinisateurs et les auxiliaires de culture, tout en réduisant l’utilisation des produits phytopharmaceutiques. Un combo gagnant pour l’horticulteur et la biodiversité.
Crédits photos : Bonheur Jardin, Pépinière de Sainte-Tulle