Niveau de réduction d’utilisation et/ou d’impact potentiel
Suivant les cultures protégées, l’huile essentielle d’orange a différents effets sur la réduction d’utilisation de solutions conventionnelles :
- Arboriculture (fruits à pépins, pêcher, abricotier, petits fruits) : L’utilisation de l’huile essentielle d’orange permet d’économiser entre 0,5 et 1 IFT par an sur un parcours de protection standard, appliquée en association répétée avec une dose réduite ou en remplacement de la solution conventionnelle.
- Maraîchage (choux, concombre, cornichon, courgette, fraise, laitue, melon, oignon, poireau, poivron, tomate) : L’utilisation de l’huile essentielle d’orange permet d’économiser entre 0,5 et 2 IFT par an sur un parcours de protection standard, appliquée en association répétée avec une dose réduite ou en remplacement de la solution conventionnelle.
- Vigne : Contre cicadelles vertes et acariens, l’utilisation de l’huile essentielle d’orange permettrait d’économiser entre 0,5 et 1 IFT par an sur un parcours de protection standard, appliquée en association avec une dose réduite ou en remplacement de la solution conventionnelle. Elle peut également s’employer en renfort des solutions existantes par des applications supplémentaires en séquence.
- Plantes Ornementales (Arbres et arbustes, Cultures florales et plantes vertes, rosier) : L’utilisation de l’huile essentielle d’orange permet d’économiser entre 0,5 et 2 IFT par an selon les problématiques (acariens, cochenille, phytoptes, pucerons, pyrale, tarsonèmes) sur un parcours de protection standard, appliquée en association répétée avec une dose réduite ou en remplacement de la solution conventionnelle.
- Cultures tropicales (ananas, avocat, banane, fruit de la passion, jujubier de Maurice, goyave, mangue, palmiers alimentaires, papayer) : L’utilisation de l’huile essentielle d’orange permet d’économiser entre 0,5 et 2 IFT par an selon les problématiques et cultures (acariens, aleurodes, cochenilles, thrips, tigres) sur un parcours de protection standard, appliquée en association répétée avec une dose réduite ou en remplacement de la solution conventionnelle.
Surcoût et/ou gain de la solution
Selon la stratégie choisie, la culture considérée et le matériel d’application (dose dépendant du volume d’eau appliqué) le coût de l’utilisation de cette solution peut varier de 18€ à 35€/ha sur cultures basses (volume d’eau de 200L/ha à 400L/ha) et de 35€ à 88€/ha sur cultures hautes (volume d’eau de 400L/ha à 1000L/ha).
Impact santé / organisation du travail / pénibilité / environnement
Santé : S’agissant d’un produit de contact, son action se fait dans les heures qui suivent le traitement et il n’y a donc pas de résidus. Cette substance active est exempte de Limite Maximale de Résidu (LMR) ce qui la rend intéressante dans une démarche de qualité comme les démarches « zéro résidu de pesticides ».
Organisation du travail/pénibilité : Le DRE faible (24 heures) facilite le confort d’utilisation pour les travailleurs. Le DAR court permet une souplesse d’intervention jusqu’à la veille de la récolte pour les cultures maraichères et fruitières, les fines herbes et la vigne.
La mise en œuvre est classique : application au pulvérisateur, sans contrainte particulière au niveau de la préparation de la solution à appliquer.
Environnement : L’impact de l’huile essentielle d’orange sur les auxiliaires (acariens prédateurs, parasitoïdes, punaises prédatrices, pollinisateurs, chrysope…) a été évalué par des organismes indépendants selon les normes IOBC et les entreprises commercialisant cette solution. Pour la plupart des auxiliaires testés, l’impact de l’huile essentielle d’orange est neutre à faiblement toxique lorsqu’elle est utilisée aux doses recommandées. La volatilité de l’huile essentielle d’orange limite la persistance sur le végétal par rapport aux insecticides classiques. La durée de son impact est donc courte et un lâcher d’auxiliaire est possible rapidement après une application rendant cette solution compatible avec les démarches de protection intégrée 6 7 8.
Freins à lever et conditions de réussite
L’huile essentielle d’orange est une solution à action physique uniquement donc son efficacité est dépendante de l’exposition directe de la cible au produit. Elle doit être appliquée à l’apparition des ravageurs en privilégiant les stades larvaires et les adultes.
La qualité de pulvérisation et notamment la couverture de l’ensemble de la végétation avec un volume d’eau suffisant, est déterminante pour maximiser l’action de contact de la solution. Sa persistance d’action étant faible, il est important de renouveler l’application afin de contrôler les réinfections et protéger la culture durant toute la période de risque.
Concernant les auxiliaires et la phytotoxicité, il convient de respecter certaines recommandations lors de l’utilisation de l’huile essentielle d’orange :
- Adapter la dose appliquée à la cible et au niveau d’infestation ;
- Favoriser les lâchers d’auxiliaires après l’application ;
- Traiter si possible en ciblant les foyers ou sur des zones localisées (en tête de plante contre les aleurodes en culture palissée, par exemple) ;
- Réaliser les applications sur des populations d’auxiliaires déjà installées. En règle générale, éviter les applications pendant la phase d’installation des auxiliaires, éviter de cibler les jeunes stades ;
- Surveiller l’évolution des populations de ravageurs, privilégier les interventions lorsque la pression est trop importante pour être gérée par les auxiliaires ;
- Respecter les conditions de concentration maximales du produit pour éviter les risques de phytotoxicité (brûlures) sur les cultures (tomate et concombre sont particulièrement sensibles).
En arboriculture et maraichage, les surfaces déployées sont encore limitées mais seront amenées à progresser grâce à un support technique approfondi, des recommandations vis-à-vis des auxiliaires, et des extensions sur de nouveaux usages notamment sur pucerons, acariens et carpocapse.