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Fiche
67

Combinaison de méthodes alternatives, dont les produits de biocontrôle, pour la gestion des nématodes à galles

BiocontrôlePratiques agronomiques
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Les résultats obtenus dans des projets de recherche (GEDUBAT, GEDUNEM) montrent la possibilité de s’affranchir de désinfection chimique grâce à la mise en place de combinaison de méthodes de protection alternatives.   

La solution

La protection contre les nématodes à galles est basée sur une combinaison de méthodes de protection. Avec le retrait des solutions de désinfection chimiques des sols, il apparaît encore plus important de raisonner la protection à l’échelle du système de cultures et d’intégrer plusieurs leviers de gestion.

Les pratiques agronomiques mises en place sont :

  • la résistance génétique (gène Mi en tomate)
  • la biofumigation grâce au broyage et à l’enfouissement d’engrais verts nématicides (tagètes, sorgho, radis fourragers, crotalaires, Allium),
  • les plantes de coupures
  • l’introduction dans la rotation culturale d’espèces non-hôte ou mauvais hôte (mâche)
  • l’apport massif de matières organiques
  • la solarisation pour les cultures sous abris, technique adaptée aux régions chaudes (Sud de la France).

Les solutions de biocontrôle utilisables actuellement sont :

  • La lutte biologique à l’aide de la bactérie Bacillus firmus (I-1582)
  • Le traitement du sol avec des produits à base d’extrait d’ail.

 

Modes d’action :

B. firmus I-1582 a plusieurs modes d’action :

  • Direct : La bactérie produit des enzymes qui dégradent à la fois la paroi des œufs de nématodes et les larves contenues dans les œufs 1.
  • Indirect : La bactérie dégrade les exsudats racinaires ce qui désoriente les nématodes, stimule la croissance de la plante grâce à la production de phytohormone et colonise la surface des jeunes racines, ce qui crée une barrière physique contre les attaques de nématodes 1 2.

Les extraits d’ail contiennent des polysulfures qui détruisent la cuticule (le squelette) des nématodes de stade J2 qui sont les plus dommageables pour les plantes. Les polysulfures pénètrent ainsi dans l’organisme et entrainent la mort des nématodes en quelques heures 3. Du fait du mode d’action multisites des extraits d’ail, il y a très peu de risques d’apparition de résistance 4.

Application :

Pour une meilleure efficacité de B. firmus, il faut 5 :

  • préparer le sol : l’idéal est d’avoir un sol nu, travaillé, humide et réchauffé avant la plantation ou le semis,
  • l’appliquer soit par pulvérisation soit par goutte à goutte soit par arrosage localisé,
  • l’incorporer immédiatement par un travail superficiel du sol dans les 5 premiers centimètres.

L’application d’extraits d’ail se fait différemment suivant la formulation du produit :

  • La formulation sous forme de granulés : Les extraits d’ails doivent être appliqués au moment de la plantation ou du semis à l’aide d’un micro-granulateur. Il est impératif d’appliquer les granulés au plus près de la graine ou des racines. Par contre il est préférable de ne pas appliquer les granulés en plein mais plutôt en localisé 4.
  • La formulation liquide : elle est adaptée à l’application via fertirrigation tout au long du cycle cultural 6 :
    • au début du cycle,
    • en combinaison avec des granulés d’extraits d’ail 3-4 semaines après le premier traitement.
    • après un premier traitement chimique.

De même que sous forme de granulés, les extraits d’ail sous formulation liquide doivent être appliqués localement. Leur efficacité est optimale lorsque le sol est humide, il est ainsi recommandé de les ajouter en fin de cycle d’irrigation.

Formulation, dose homologuée, nombre d’applications maximal, intervalle minimum entre applications, Délai de rentrée (DRE) et Délai Avant Récolte (DAR) :

Bacillus firmus souche I-1582 est homologué mais depuis 2023, plus aucun produit n’est disponible sur le marché 8.

 

Utilisable en Agriculture Biologique (UAB) et Certificats d’Economie de Produits Phytosanitaires (CEPP) :

D’un point de vue réglementaire, les extraits d’ail figurent sur la liste des produits de biocontrôle 9. Ils sont UAB et sont éligibles au CEPP (Fiche action n° 2017-027 « Lutter contre les nématodes pathogènes en cultures légumières au moyen d'un produit de biocontrôle » 10).

Les nématodes à galles appartiennent au genre Meloidogyne. Ce sont des vers microscopiques (0,3 à 0,7mm de long), endoparasites obligatoires qui réalisent leur cycle de développement dans les racines.

Lorsque les nématodes pénètrent dans la racine, ils provoquent la formation de galles qui entraînent une réduction des capacités d’absorption. Au niveau de l’appareil aérien, les attaques de nématodes se manifestent par des flétrissements, des dépérissements, jusqu’à la mort de la plante, d’où les pertes de rendement et de qualité des fruits importantes.

Les nématodes à galles sont extrêmement polyphage, avec plus de 5500 espèces de plantes hôtes répertoriées. En maraîchage, c’est plus d’une vingtaine d’espèces qui sont concernées dont des productions majeures comme la tomate, la laitue ou encore le melon.

Selon le niveau d’infestation, les pertes de récoltes peuvent varier de 20 à 100%. En France, une enquête réalisée par l’INRAE en 2010 fait état de plus de 40% des exploitations touchées dans le Sud-est de la France, avec pour certaines, un arrêt de la production de cucurbitacées sur les parcelles contaminées. Ces infestations ne cessent d’augmenter. En effet, les exploitations légumières sous abris du sud de la France sont particulièrement concernées du fait des températures élevées et de la spécialisation des systèmes de cultures (avec de nombreuses cultures sensibles) qui favorisent l’augmentation des nématodes.

Les nématodes sont présents dans les 30 premiers centimètres du sol. Très peu mobiles, la dispersion se fait essentiellement par le transport de terre contaminée (par les outils de travail du sol, les pneus des engins agricoles, les chaussures) et par l’eau. En France, les espèces les plus communes sont M. arenariaM. incognita et M. hapla. Certaines espèces de nématodes à galles sont classées comme organismes de quarantaine et font l’objet de procédures de lutte obligatoire (jachère noire, interdiction de mise en culture des parcelles contaminées, …).

Avec l’interdiction des méthodes de désinfection chimiques, de plus en plus de producteurs font appel aux solutions de biocontrôle pour la gestion des nématodes en culture et on peut s’attendre à une augmentation de ces méthodes alternatives dans les années à venir.

Niveau de réduction d’utilisation et/ou d’impact potentiel

Les résultats obtenus dans les projets de recherche (GEDUBAT 12, GEDUNEM 13) ont montré la possibilité de s’affranchir de désinfection chimique grâce à la mise en place de combinaison de méthodes de protection alternatives.          

Surcoût et/ou gain de la solution

La combinaison des méthodes de protection entraîne un surcoût par rapport à l’application d’un produit de désinfection des sols (bien que ce type d’application puisse s’avérer onéreuse).

Par exemple, la mise en place de culture d’engrais vert entraîne des charges pour l’exploitation.  (semence, fertilisation, irrigation, travail mécanique) et occupe des surfaces à la place d’une culture de rente.

Impact santé / organisation du travail / pénibilité

La combinaison des méthodes de protection présentées aboutissant à l’arrêt de l’utilisation des produits de désinfection des sols engendre un impact positif sur la santé des personnels agricoles.

La mise en place d’engrais vert et/ou de cultures non-hôtes entraîne une modification du système de culture (organisation des rotations, nouveaux débouchés commerciaux à identifier) qui peuvent se répercuter sur l’organisation du travail. La mise en place de cultures dédiées à la gestion des nématodes induit une charge de travail supplémentaire pour l’exploitant. Par exemple, pour la culture d’engrais vert, 3 à 4 passages de tracteur sont nécessaires.

Freins à lever et conditions de réussite

Les résultats obtenus avec ces méthodes de protection sont souvent partiels et fortement dépendant des conditions d’applications et/ou environnementales.

Certaines techniques sont difficiles à utiliser selon le contexte local de l’exploitation et le débouché de ces cultures sur le territoire, ce qui limite leur utilisation.

La réussite est fortement liée à une application rigoureuse dans le temps de ces méthodes combinées, sous peine de voir les populations de nématodes remonter rapidement.

 

Indicateurs de déploiement :

  • Nombre de producteurs utilisant une combinaison des méthodes citées.  Cet indicateur étant difficile à quantifier directement, il nécessite la mise en place de suivis réguliers auprès des producteurs et des acteurs de la filière, par exemple via des enquêtes annuelles sur les pratiques agricoles ou des études panel.
  • Ventes de produits de biocontrôle à base d’extrait d’ail, toutes filières confondues (source BNV-D Traçabilité 11).
  • Nombre de CEPP obtenus.

Toutes les cultures légumières et ornementales sont concernées, le colza et les céréales sont également des plantes hôtes pour les nématodes à galles.

Les produits commerciaux homologués contenant les solutions sont disponibles sur le site Ephy de l’Anses :

 

« Résistance variétale » :

Fiche DEPHY EXPE système « Cultiver sous abri des espèces de légumes peu sensibles aux nématodes en période à risque » - https://ecophytopic.fr/dephy/concevoir-son-systeme/cultiver-sous-abri-des-especes-de-legumes-peu-sensibles-aux-nematodes

Biofumigation :

Apport massif de matières organiques :

Solarisation :

 

Pour approfondir ce sujet, vous pouvez consulter les sites suivants :

  1. Hitzberger, B., Ricci, M., Sauzay, S. & Fuersch, H. A biological nematicide for control of plant parasitic nematodes. (2014).
  2. Bacillus firmus I-1582. Toxibees https://toxibees.certifiedbeefriendly.org/Bacillus-firmus-I-1582.
  3. NEMGUARD SC | AST (Agro Spray Technic). https://ast.co.ma/product/nemguard-sc/.
  4. NEMGUARD EN 10KG. naturalis https://www.naturalis.fr/nemguard-en-10kg.html.
  5. Fiche Technique Flocter. calameo.com https://www.calameo.com/books/0060058254005300e0756.
  6. Nemguard®. CBC Biogard https://cbcbiogard.fr/produit/nemguard-sc/.
  7. Extrait d’ail. Ephy (Anses) https://ephy.anses.fr/substance/garlic-extract.
  8. Bacillus firmus I-1582. Ephy (Anses) https://ephy.anses.fr/substance/bacillus-firmus-i-1582.
  9. Quels sont les produits de biocontrôle ? Ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire https://agriculture.gouv.fr/quels-sont-les-produits-de-biocontrole.
  10. Lutter contre les nématodes pathogènes en cultures légumières au moyen d’un produit de biocontrôle. Ecophytopic https://ecophytopic.fr/cepp/proteger/lutter-contre-les-nematodes-pathogenes-en-cultures-legumieres-au-moyen-dun-produit-de.
  11. BNV-D Traçabilité. https://ventes-produits-phytopharmaceutiques.eaufrance.fr/search?filetype=Ventes.
  12. Projet GEDUBAT. Ecophytopic https://ecophytopic.fr/dephy/concevoir-son-systeme/projet-gedubat.
  13. Projet GeDuNem. Ecophytopic https://ecophytopic.fr/recherche-innovation/concevoir-son-systeme/projet-gedunem.