Le 9 avril 2026, la Loire a accueilli une journée placée sous le signe de l’agroécologie, du partage d’expériences et de la recherche de solutions concrètes pour l’avenir de l’arboriculture.

C’est aux Vergers de Bayol, sur l’exploitation de la famille Mazenod, que l’Association Contrat de solutions a réuni plus de 60 participants venus d’horizons variés mais animés par une même volonté : faire évoluer les pratiques agricoles.
Sur ces 30 hectares de fruitiers, la diversité saute immédiatement aux yeux. Pommes, poires, cerises et coings composent un paysage riche, typique du Pilat, où chaque espèce se décline en de nombreuses variétés. Une diversité assumée, pensée comme un levier de résilience face aux aléas climatiques et sanitaires.
Mais au-delà de la production, c’est un véritable engagement environnemental qui structure l’exploitation. Certifiée Haute Valeur Environnementale, elle incarne une agriculture en transition, où chaque choix technique vise à concilier performance économique et respect du vivant. Ici, les efforts pour réduire l’usage des produits phytopharmaceutiques sont réels et visibles. Ils s’appuient sur une combinaison d’aménagements et de pratiques : implantation de haies et de talus, gestion fine des couverts végétaux pour favoriser la floraison, mise en place de bandes fleuries et création de sites de nidification pour les pollinisateurs. Le verger devient alors un écosystème à part entière, accueillant abeilles sauvages, osmies et près d’une quarantaine de ruches, témoignant d’une volonté forte de préserver et stimuler la biodiversité fonctionnelle.
La journée a rassemblé un public large et complémentaire : arboriculteurs locaux, professionnels venus du Rhône et de la Savoie, conseillers de coopérative et chambre d’agriculture, représentants du monde bancaire et assurantiel, élus et acteurs des pouvoirs publics, sans oublier une dizaine d’apprentis en BTS du Campus de Montravel accompagnés de leurs formateurs. Une diversité de profils qui a largement nourri la richesse des échanges.

Le programme s’articulait autour de quatre ateliers tournants de 30 minutes, conçus pour être à la fois accessibles, concrets et directement mobilisables sur le terrain.
Le premier atelier, consacré à la prévention des risques, a permis de revenir sur l’ensemble des étapes garantissant la sécurité des utilisateurs, avec des solutions comme le système de transfert 0 contact « Easyconnect » (du bidon au pulvérisateur) – désormais devenu obligatoire au Pays-Bas depuis janvier 2026 – et les dispositifs de collecte-recyclage des déchets agricoles portés par Adivalor. Nous pouvons rappeler que la filière agricole est particulièrement vertueuse en terme de gestion de ses déchets. Adivalor vise d’aileurs le « 100% collecté, 100% recyclé » d’ici à 2030.


Le deuxième atelier a abordé la lutte contre le puceron cendré, problématique majeure en arboriculture, en mettant en lumière les perspectives de recherche et les expérimentations menées notamment aux vergers de Poisy, près d’Annecy.

La gestion de l’eau, enjeu central dans un contexte de changement climatique, était au cœur du troisième atelier, animé par la Chambre d’agriculture du Rhône, avec des échanges nourris sur les pratiques d’irrigation, l’optimisation des ressources et les stratégies d’adaptation.

Enfin, le quatrième atelier a permis de découvrir les outils développés dans le cadre du Contrat de solutions : fiches techniques, jeu sérieux « Codes d’agris » pour mieux expliquer ses pratiques au grand public, et co-construction de paysages agricoles favorables aux pollinisateurs.

Au-delà des ateliers, la visite de l’exploitation a constitué un moment fort de la journée. Elle a permis de visualiser concrètement les aménagements évoqués, d’observer la biodiversité en place, de s’initier à la reconnaissance des pollinisateurs et de mieux comprendre les choix techniques opérés sur le terrain.

Les échanges, nombreux et spontanés, ont témoigné d’un réel besoin de dialogue entre professionnels, mais aussi d’une envie partagée de progresser collectivement face aux défis environnementaux. La journée s’est conclue dans une ambiance conviviale autour d’un buffet de produits locaux et de jus issus du verger, prolongeant les discussions et renforçant les liens entre les participants. Plus qu’un simple événement, cette rencontre aux Vergers de Bayol illustre concrètement ce que peut être l’agroécologie aujourd’hui : une démarche collective, ancrée dans les territoires, qui s’appuie sur l’innovation, l’expérimentation et le partage pour construire une agriculture plus résiliente.