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Tomate sous abri
Ravageurs
Fiche
100

Lutte contre Tuta absoluta en culture de tomate et Frankliniella occidentalis en culture de fruits rouges avec le piégeage de masse

La solution

Le piégeage de masse repose sur l’utilisation d’un large nombre de pièges contenant un attractant (souvent une phéromone, attractant alimentaire ou chromatique) afin de réduire ou au moins limiter une population de ravageurs.

Mode d’action et application :

  • Concernant Tuta absoluta : la technique consiste à répartir 48 pièges à eau / ha dans la zone à protéger soit un piège tous les 15 m environ. Ils doivent être disposés à environ 30-40 cm du sol. Les pièges contiennent la phéromone sexuelle de la femelle de la mineuse de la tomate absoluta. Ainsi, seuls les mâles sont piégés. Les pièges doivent être mis en place avant ou lors du repiquage des plants.
  • Concernant Frankliniella occidentalis : la technique consiste à répartir 100 pièges / ha dans la zone à protéger soit un piège tous les 10 m environ. Les pièges contiennent un attractant alimentaire qui attire à la fois les mâles et les femelles et une plaque engluée bleue. Ils doivent être placés à environ 10 cm du végétal à protéger ou dans la canopée de l’arbre.

La solution ne présente aucun risque de développement de résistance.

Conditionnement :

La libération des phéromones synthétiques ou des attractants alimentaires dans l’air se fait à l’aide de diffuseurs. Les phéromones et les attractants alimentaires peuvent être contenus dans des matériaux plus ou moins biodégradables suivant leur origine (plastique, caoutchouc, cire). De nouveaux diffuseurs biodégradables apparaissent récemment sur le marché où les phéromones sont microencapsulées dans un gel biosourcé constitué notamment de cire, d'huile et d'eau 1.

Durée de vie et conservation de la solution :

Pour les diffuseurs « nouvelle génération » (diffuseurs microencapsulées), la durée de diffusion de la phéromone et de l’attractant doivent couvrir environ 3 mois, selon les conditions climatiques. Les phéromones et attractants alimentaires peuvent être stockés pendant 2 ans et demi dans leurs emballages d’origine à température ambiante.

Les diffuseurs plastiques imprégnés durent moins longtemps, que ce soit au stockage ou après leur application au champ.

Utilisable en Agriculture Biologique (UAB) et Certificats d’Economie de Produits Phytosanitaires (CEPP) :

D’un point de vue réglementaire, seule la phéromone sexuelle de la femelle de la mineuse de la tomate T. absoluta figure sur la liste des produits de biocontrôle 2. Cette solution est UAB. A ce jour, il n’y a pas de fiche CEPP associée.

La surface allouée à la tomate oscille autour de 2 500 hectares, soit à peine 0,01% de la Surface Agricole Utile (SAU) française.  Suivant les années, entre 600 000 et 700 000 tonnes sont produites, ce qui fait de la France le 5ème producteur européen de tomates 3 4. Cette production se concentre en Bretagne, Provence-Alpes Côte-d'Azur et dans les Pays de la Loire 3.

La mineuse de la tomate (Tuta absoluta) est un papillon lépidoptère originaire d’Amérique du Sud. Il a été détecté pour la première fois en Europe en 2006 et s’est manifesté en France à partir de 2008. La chenille, stade dommageable pour la plante, creuse des mines et des galeries dans les organes aériens de la tomate (feuilles et fruits). Les feuilles fortement attaquées peuvent se nécroser entièrement. Des galeries peuvent apparaître sur les jeunes tiges perturbant le développement de la plante. Les fruits verts, comme les fruits mûrs sont attaqués. Tuta absoluta peut occasionner des pertes considérables en culture de tomate, jusqu’à 90 %. Avec un cycle de développement court, on peut assister à 10 voire 12 générations par an 5.

Le thrips Californien (Frankliniella occidentalis 6) est un insecte Thysanoptère. Les larves comme les adultes se nourrissent de la plante hôte (feuilles, pétales, pousses et fruits) par succion des fluides végétaux. Cela conduit à l’apparition de symptômes tels que la décoloration et la déformation des organes végétaux atteints, notamment des fruits, ou encore une mauvaise croissance de la plante. En s’alimentant, le thrips peut aussi transmettre les virus de la Mosaïque bronzée de la tomate (Tomato Spotted Wilt Virus, TSWV7) ou encore le virus des taches nécrotiques de l’impatiens (Impatiens Necrotic Spot V, INSV8).

Niveau de réduction d’utilisation et/ou d’impact potentiel

L’utilisation de la solution permet de mieux visualiser et suivre les populations de ravageurs et ainsi adapter les besoins de protection des cultures (traitement, auxiliaires, …).

Surcoût et/ou gain de la solution

Gain : Quand la pose des pièges et des diffuseurs est maîtrisée (le plan de pose varie peu après son établissement) et une fois la pression réduite, la technique peut aboutir à un gain économique. Les pièges sont réutilisables sur plusieurs saisons de piégeage.

Surcoût : Un surcoût peut être observé les premières années, par l’achat des pièges et attractants ainsi que leur mise en place nécessitant une main-d’œuvre importante. Selon le ravageur et la pression exercée, il est nécessaire d’intervenir avec d’autres méthodes de protection (insecticides, biocontrôle) en complément.

Impact Santé / organisation du travail / pénibilité / environnement

Santé : Le produit étant dans un piège, les contacts entre l’utilisateur et le produit sont très restreints. De plus, les nouvelles formulations, comme la micro-encapsulation, permettent de réduire encore davantage l’exposition lors de l’application. Leur mode d’emploi, souvent sous forme de seringue ou d'applicateur dédié, minimise fortement la manipulation du produit par l’utilisateur.

Organisation/pénibilité : Le gain attendu est notamment une meilleure gestion du parasite ainsi que la possibilité de positionner les traitements insecticides au bon moment dans la saison. En plus du piégeage massif, les pièges servent en effet d’indicateur de présence du ravageur dans la parcelle et peuvent aider à déterminer les pics de vol.

Le temps de pose des pièges contenant les attractants/phéromones est long. Il reste cependant proche de celui d’un produit de confusion sexuelle ou de l’utilisation de macro-organismes. En revanche, une maintenance importante est requise (relever les pièges, …).

Environnement : La solution ne présente pas d’effets indésirables sur les organismes non cibles.

Freins à lever et conditions de réussite

Pour une bonne efficacité du piégeage de masse et selon le ravageur, un nombre important de pièges doit être mis en place dans la parcelle à protéger, afin de couvrir toute la zone. Ce nombre élevé, ajouté à la nécessité d’un renouvellement des diffuseurs plusieurs fois au cours de la saison pour couvrir la totalité du cycle de la culture, requiert une importante maintenance. C’est la principale limite et cela peut nécessiter de poursuivre les innovations d’automatisation pour en faciliter l’usage. Afin d’alléger cette maintenance, il est toutefois possible de ne suivre régulièrement que quelques pièges préalablement sélectionnés pour leur position stratégique dans la serre. Ces pièges « témoins » servent alors d’indicateurs pour déterminer le bon moment de renouveler les plaques engluées ou encore pour déclencher un traitement.

Des mesures prophylactiques sont nécessaires au bon fonctionnement de la méthode :

  • Tuta absoluta : rotations avec cultures non-hôtes (ex. salades). Travailler le sol pour réduire le nombre de chrysalides. Limiter les plantes hôtes, cultivées ou adventices, à proximité de la culture (ex. morelle noire). Eliminer régulièrement les déchets végétaux ainsi que les feuilles et les fruits infestés.
  • Frankliniella occidentalis : éviter le développement de fleurs adventices attractives ; taille en vert et éclaircissage pour aérer la culture en limitant les contacts entre les fruits (appréciés des thrips) ; récolter les fruits à maturité et ramasser ceux tombés au sol ; limiter la présence d’humidité.

Pour une efficacité optimale, cette méthode doit être utilisée en complément d’autres solutions de protection, conventionnelles ou de biocontrôle.

Le coût d’achat de la solution reste actuellement plus élevé que les pratiques conventionnelles mais il devrait évoluer à la baisse avec l’accroissement des quantités commercialisées. Le temps et le coût de pose restent des freins à l’adoption de cette solution par comparaison à la lutte insecticide conventionnelle.

En raison de l’absence de maintenance, la confusion sexuelle contre T. absoluta se développe massivement et prend le dessus sur le piégeage de masse.

Indicateurs de déploiement :

  • Progression des hectares protégés avec cette méthode.
  • Quantité de diffuseurs vendus dans l’année.

 Ces indicateurs étant difficiles à quantifier directement, il nécessite la mise en place de suivis réguliers auprès des producteurs et des acteurs de la filière, par exemple via des enquêtes annuelles sur les pratiques agricoles ou des études panel.

La solution proposée concerne la culture de tomates sous abri ainsi que la culture des fruits rouges (fraisiers, framboisiers, etc.).

  1. VYNYTY® Tuta Press, la confusion sexuelle, sans déchet dans les serres : Bayer-Agri, conseils phyto. Bayer https://www.bayer-agri.fr/cultures/vynytyr-tuta-press-la-confusion-sexuelle-sans-dechet-dans-les-serres_5736/.
  2. Quels sont les produits de biocontrôle ? Ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire https://agriculture.gouv.fr/quels-sont-les-produits-de-biocontrole.
  3. La tomate, star de l’été. Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire https://agriculture.gouv.fr/la-tomate-star-de-lete.
  4. Drezen, N. L. Déficit croissant pour le marché français de la tomate industrielle. AgriEco https://blog-eco-bzh.chambres-agriculture.fr/productions-vegetales/deficit-croissant-pour-le-marche-francais-de-la-tomate-industrielle/ (2024).
  5. Tuta absoluta. Ephytia https://ephytia.inra.fr/fr/C/5150/Tomate-Tuta-absoluta.
  6. Frankliniella occidentalis (Thrips californien). Ephytia https://ephytia.inra.fr/fr/C/19237/Biocontrol-Frankliniella-occidentalis-Thrips-californien.
  7. Tomate - Virus de la maladie bronzée de la tomate (TSWV). Ephytia https://ephytia.inra.fr/fr/C/5073/Tomate-Virus-de-la-maladie-bronzee-de-la-tomate-TSWV.
  8. Salades - Virus des taches nécrotiques de l’impatiens (INSV). Ephytia https://ephytia.inra.fr/fr/C/6015/Salades-Virus-des-taches-necrotiques-de-l-impatiens-INSV.